Le modèle face aux observations
Les règles de la carte ont été écrites avant de regarder les observations. Cette page
mesure si elles tiennent, avec les observations publiques de champignons de toute la France
(GBIF, qui rassemble notamment iNaturalist, Observation.org, l'application INPN Espèces et
des inventaires naturalistes). Rien n'a été réglé sur ces données : ajuster des seuils sur
quelques centaines d'observations reviendrait à apprendre le bruit par cœur.
Les règles sont nées dans les Alpes. Celles des forêts du Midi (pin d'Alep, chênes verts,
pin maritime) sont les moins sûres : le pourtour méditerranéen et les Landes de Gascogne sont
donc vérifiés à part, chacun face à ses propres observations. La Haute-Savoie, où la carte
est née, reste comme point de comparaison.
Comment lire les chiffres
Chaque test oppose des cas (une observation de l'espèce) à des témoins
et donne la probabilité qu'un cas soit mieux noté qu'un témoin. 50 % : le modèle ne fait pas
mieux que le hasard. 100 % : il les sépare parfaitement. Entre crochets, l'intervalle à 95 % :
s'il contient 50 %, le test ne conclut pas.
- Habitat : les zones où l'espèce a été vue, contre les zones où
d'autres champignons ont été vus. Mêmes observateurs, mêmes sentiers : ce fond
neutralise le fait qu'on observe surtout près des chemins. Référence naïve : la seule part
de forêt de la zone.
- Météo, à mois égal : l'indice météo le jour de l'observation, contre les
autres jours du même mois, au même endroit et le même jour de la semaine (on sort surtout
le week-end). La saison ne joue plus : seule la météo peut faire la différence.
- Météo, sur la saison : même comparaison sur toute la saison de
l'espèce, pour l'indice complet et pour le seul calendrier. Si l'indice ne bat pas le
calendrier, la météo n'apporte rien de plus que « c'est la saison ».
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Les limites de l'exercice
- Les observations sont rares (le nombre de cas figure dans chaque tableau) : les
intervalles sont larges, et un test sur quelques dizaines de cas ne tranche pas.
- Une sortie mycologique est souvent fixée d'avance, quelle que soit la météo, et une
exposition rassemble en un week-end des récoltes de plusieurs jours : ces dates brouillent
le test météo, qui tend à sous-estimer le modèle.
- Les coordonnées sont souvent approchées, beaucoup d'observations publiques étant
rattachées à une maille de 10 km. Seules comptent les observations dont la précision est
déclarée. Le test d'habitat ne garde que les positions connues à 1 km près, et juge la
zone de 250 m qui les entoure. Le test météo accepte 10 km : l'altitude
d'une observation, et donc la température de son sol, peut alors être fausse de plusieurs
centaines de mètres. Quand la température du sol pénalise des jours d'observation, l'erreur
peut venir du seuil… ou de la position.
- La météo du passé vient de réanalyses de Copernicus (températures d'ERA5-Land, maille
d'environ 9 km ; pluie d'ERA5, environ 25 km), pas des prévisions qu'utilise la carte au
quotidien.
- Les observations ne sont pas réparties comme les forêts : elles se concentrent près des
villes et des sociétés mycologiques actives. Une région peu observée ne se juge pas.
- Personne ne publie les sorties bredouilles : on ne peut pas mesurer combien de fois la
carte annonce une pousse qui n'a pas lieu.